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Géraldine Dormoy, auteur de "Un cancer pas si grave"

par Claire Nouy | 2019-10-14 | Atelier Nubio | | Share on Facebook

A l'occasion d'Octobre rose, Atelier Nubio interview 3 femmes qui éveillent nos consciences et nos corps au sujet du cancer. Première interview : Géraldine Dormoy, qui a guéri d'un cancer du sein.

Présentation – quelque mots sur ta carrière de journaliste, tes sujets de prédilections, ton livre, tes projets en cours….Un petit peu de toi !

Je m’appelle Géraldine Dormoy, je suis journaliste, j’ai 43 ans, j’ai sorti mon premier livre le 10 septembre dernier, Un cancer pas si grave, aux éditions Leduc.s, après avoir moi-même été atteinte d’un cancer du sein. Je m’en estime aujourd’hui guérie.

 

Où sont tes racines ?

Auprès de mon mari, Mark, et de mon fils, Gustave, 8 ans, de ma famille et de mes amis.

 

Le journalisme a-t-il été une vocation ?

Pas du tout, j’y suis arrivée tardivement à l’approche de la trentaine. J’ai d’abord fait une école de commerce – Sup de Co Reims. J’ai mis du temps à m’autoriser à aller vers ce que je voulais vraiment.

 

Comment décrirais-tu la personne que tu étais avant ton cancer ? 

J’étais une personne très heureuse de ma vie, j’avais déjà fait un gros travail introspectif puisque j’avais suivi une thérapie psycho-analytique pendant près de 20 ans, mais je continuais de me heurter à des problèmes récurrents : mes compulsions alimentaires et un rapport au stress compliqué, en particulier dans le travail.

 

Comment ton cancer a-t-il été dépisté ? Pratiquais-tu l’autopalpation ?

Non, je ne pratiquais pas l’autopalpation car j’avais un type de sein « dense », ce qui veut dire qu’il est trop ferme pour que l’on puisse détecter une grosseur, même lorsque l’on est médecin. Je m’en remettais donc aux mammographies, que mes gynécologues successives m’avaient recommandées, dès 35 ans. Je n’y voyais qu’une formalité.

C’est au cours d’un de ces examens, en novembre 2017, que des cellules atypiques ont été repérées. Après biopsie, il s’est avéré qu’elles étaient cancéreuses.

 

Juges-tu le suivi médical de ton cancer adapté ?

J’ai été très bien suivie, mais j’ai dès le départ compris que mon chirurgien et mon cancérologue avaient trop à faire pour assurer une prise en charge complète. Ils étaient extraordinaires dans leurs domaines respectifs, mais les soins complémentaires, c’était à moi d’aller les chercher, ce qui me convenait très bien.

Cela m’a permis de me sentir actrice de ma guérison. J’ai ainsi beaucoup posé échangé avec mon psychiatre, ma micronutritionniste, des acupuncteurs…

 

Quel sont tes conseils pour toutes les femmes en matière de prévention/dépistage précoce du cancer du sein ?

Je leur dirais que chacune est libre de se faire dépister ou pas, mais qu’il faut bien garder en tête que plus un cancer sera repéré tôt, plus on aura de chances d’en réchapper.

La médecine d’aujourd’hui a fait des progrès faramineux en matière de lutte contre le cancer, mais elle ne fait pas non plus des miracles. Le cancer continue d’être très meurtrier.

 

Tu as totalement éradiqué le sucre de ton alimentation. Pourquoi as-tu fait ce choix ?

C’est un choix radical qui correspond à ma personnalité : comme j’ai tendance à ne pas savoir m’arrêter, je sais qu’il vaut mieux pour moi ne pas commencer. Je vis beaucoup mieux en ayant oublié le goût du sucré qu’en luttant en permanence contre des envies de sucre.

Avant, tout mon corps cherchait à me signifier qu’il ne supportait plus le sucre (par des maux de tête, des maux de ventre, des tendances dépressives), mais la volonté seule ne suffisait pas à m’en tenir éloignée.

 

Tu as augmenté ta consommation de fruits et légumes de façon remarquable. As-tu adopté une nouvelle façon de cuisiner ?

Je limite les fritures, qui ne me réussissent pas tellement, j’ai acheté un Vitaliseur que j’utilise le week-end pour quelques cuissons à température douce, mais globalement non, je ne me suis pas mise à beaucoup cuisiner. Je mange beaucoup de légumes Picard. Je sais que ça n’est pas l’idéal (tous ces packagings en plastique m’effraient), mais je n’ai ni le temps ni l’envie de passer tout mon temps libre derrière les fourneaux.

 

Comment as-tu mis en place cette discipline de fer ?

Elle est venue progressivement, au fil des ans. Puis la survenue de la maladie a été un électrochoc : prévenir les risques de rechute est la meilleure des motivations.

Enfin, le yoga m’a permis de reconnecter mon corps à mon esprit, ce que je n’avais jamais vraiment appris à faire avant. Ça m’a permis de mieux comprendre les signaux que mon organisme m’envoie, en particulier digestifs.

Je mange des fruits, mais en quantité limitée.

 

As-tu remarque des changements sur ta beauté & vitalité depuis que tu te nourris à base de plantes & sans sucre ?

Un mois après l’arrêt du sucre raffiné, ma peau n’était plus la même, moins sèche, plus rebondie, comme repulpée. Aujourd’hui que je suis guérie, je peux aussi apprécier à quel point je me sens plus en forme.

 

Tu t’es aussi mise à pratiquer le yoga kundalini. Comment s’est fait cette rencontre ?

C’est mon amie Lili Barbery-Coulon qui m’a intriguée avec sa pratique intensive. J’ai suivi les cours des différentes profs, puis elle s’est elle-même mise à enseigner. J’avais quelques résistances au départ, mais je suis contente d’avoir persévéré : ce type de yoga m’est aujourd’hui indispensable pour me sentir bien et être en prise avec mon intuition profonde.

 

Ta vision de ton corps a-t-elle évolué après le cancer ?

Je suis plus douce avec lui, mais surtout, je le comprends mieux, ce qui me permet de moins lui en vouloir quand il ne réagit pas comme je le voudrais.

 

Quelle personne es-tu à présent ?

Je suis un être mouvant, en changement permanent… ce qui rend la réponse impossible. Je laisse les autres tenter d’y répondre.

 

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