Booster sa fertilité

par L'équipe Atelier Nubio | 2020-03-14 | Atelier Nubio

Vous êtes prêt.e à avoir un enfant mais il tarde à arriver. Quelles en sont les causes ? Comment adapter votre mode de vie pour booster votre fertilité de façon naturelle ?

Par Honorine Hélot, naturopathe

 

Infertilité - à qui la faute?

Des causes multiples peuvent avoir un impact sur la fertilité féminine et masculine : des troubles physiques, le surpoids, le mode de vie, une activité physique trop intense, le tabac, le stress...autant de facteurs qui peuvent empêcher, voir retarder la conception.

 

Désir d'enfants plus tardifs

L'âge auquel les femmes conçoivent leur premier enfant est de plus en plus tardif. Vers 1970, les Françaises avaient leur premier enfant à 24 ans en moyenne, aujourd’hui, c’est à 28,5 ans. Les grossesses entre 35 et 39 ans ont fortement augmenté, et celles entre 40-44 ans légèrement.

Il s'agit là d'un changement de comportement majeur d'après l'Institut national d'études démographiques. Emma a eu son premier enfant à 40 ans. "J'ai rencontré mon mari tardivement, et je n'ai commencé à songer à la maternité que vers l'âge de 38 ans". Un souhait tardif, qui n'a "rien d'étonnant" pour Jean-Marc Ayoubi, chef du service gynécologie de l'hôpital Foch, à Suresnes, «Depuis le début des années 2000, cette patientèle est en nette augmentation".

 

Focus sur l'environnement

Lorsque bébé se fait attendre il peut être judicieux d'analyser son environnement. L'âge n'est pas le seul facteur à jouer un rôle, explique le Dr Benahmed, "L'explication environnementale de l'infertilité devient de plus en plus une réalité. C'est très probablement ce que nous mangeons, ce que nous buvons, ce que nous respirons, qui est à l'origine d'un grand nombre d'infertilités". «Et contrairement à l'âge et aux maladies contre lesquels on peut difficilement agir, les facteurs environnementaux sont les seuls sur lesquels on peut peut-être jouer».

Selon Rémy Slama  responsable de l'équipe «Epidémiologie environnementale appliquée à la fertilité et à la reproduction humaines » à l'institut Albert Bonnot de Grenoble «Nous connaissons un des mécanismes biologiques possibles : c'est la perturbation endocrinienne. Les perturbateurs endocriniens sont des molécules qui miment, perturbent ou bloquent l'action des hormones.»

Pour y remédier, méfiez-vous des produits cosmétiques et ménagers dont les composants peuvent être toxiques. 

 

Notre inconscient nous joue des tours

Si le corps a besoin d'être en forme pour être fertile, il est aussi indispensable que le contexte psychologique soit favorable. Selon Monique Bydlowski, psychiatre, spécialiste de l'exploration psychique de la fertilité "Le désir d'enfant échappe souvent à notre volonté", «Il peut s'agir d'un traumatisme ancien, comme la perte d'un proche à une période clef de l'enfance, ou la peur de revivre des moments d'angoisse vécus étant bébé. Cela peut être une douleur oubliée."

La culpabilité, non formulée, ressentie au moment d'une IVG, par exemple, peut parfois bloquer momentanément la fertilité.». Bien souvent, on exige une réponse de la médecine. Mais, « il faut la chercher ailleurs », encourage Joëlle Desjardins- Simon. Cette psychanalyste travaille depuis dix ans dans une équipe de procréation médicalement assistée (PMA) en Franche-Comté, et a accompagné des dizaines de couples dans l'exploration de leur inconscient en questionnant leur histoire. « Ce travail psychologique devrait se faire à deux, insiste la psychanalyste dans son passionnant livre « Les Verrous inconscients de la fécondité » (avec Sylvie Debras, chez Albin Michel).»

 

5 conseils pour booster votre fertilité

 

«Fertilité check up»

Avant toute chose, il est important de pouvoir écarter toute cause physique qui puisse empêcher la conception d'un enfant : troubles ovariens, troubles hormonaux, anomalies morphologiques, endométriose... Depuis octobre 2018, il existe un examen à l'hôpital intercommunal de Créteil qui propose un test de fertilité très complet. Quel que soit votre âge, sans devoir passer par un médecin, vous pouvez consulter pour avoir un bilan de fertilité appelé «fertilité check up».

Professeur Nathalie Massin, médecin de la reproduction à l'hôpital de Créteil, vous reçoit après l'examen par un gynécologue. En moins d'une heure, on vous donne un diagnostic sur les éventuelles difficultés à concevoir ou on vous rassure sur votre faculté à procréer. Pour cela, on vous fera un examen des trompes, des ovaires et de l'utérus, pour vérifier que vous ayez une réserve ovarienne suffisante (qui est une condition à la fertilité) mais aussi que les trompes de Fallope ne soient pas bouchées et enfin pour exclure tout problème éventuel de fibrome, nodule ou encore endométriose. Jeanne,30 ans, n'arrive pas à avoir un enfant depuis quelques mois : «Ma mère a eu du mal à avoir son premier enfant, je suis inquiète car je me dis que c'est peut être héréditaire».

Après un examen complet, Jeanne est repartie avec un bilan rassurant sur sa fertilité.

 

Zoom sur l'hygiène de vie

Une grossesse ça se prépare ! Certaines règles d'hygiène de vie peuvent aider à concevoir un enfant plus rapidement, notamment en optant pour une alimentation saine et nutritive. On essaye de combler les carences et en même temps de favoriser la détoxification pour mettre toutes les chances de son côté. On limite les graisses saturées, les sucres raffinés, les plats préparés, les excitants, les calories vides pour laisser la place à des produits frais, de saison et de préférence biologique.

Faites le plein de vitamines, minéraux et d'antioxydants en faisant la part belle aux fruits et aux légumes. Vous avez également besoin de bons glucides pour l'énergie (céréales complètes, fruits..), des protéines (poissons, viandes (préférez les volailles), protéines végétales, produits laitiers (plutôt brebis ou chèvre) qui participent à la construction et au renouvellement de nos cellules et nos tissus ainsi que de bons acides gras (oméga 3 avec les huiles de lin, chanvre, cameline ou petits poissons gras comme les sardines, anchois..) qui sont essentiels au bon fonctionnement du système reproductif et hormonal.

Plus vous anticiperez et préparerez votre corps, mieux vous serez prête à accueillir un enfant. J'ai reçu une cliente récemment qui n'arrivait pas à avoir d'enfant, elle essayait depuis plus d'un an et n'avait aucune raison connue du système médical qui empêcherait une grossesse. Nous avons ensemble revu son alimentation, après avoir arrêté sucreries, pâtisseries plats préparés, viande en excès et misé sur une alimentation plus diversifiée et nutritive, Ludivine a redonné un coup de boost à son corps. Quatre mois après, la bonne nouvelle est arrivée !

 

Connaître son cycle

Il est intéressant pour toute femme en désir de grossesse de prendre conscience de son cycle et de se « reconnecter » à celui-ci. La prise d'un moyen de contraception pendant des années peut nous avoir coupé de notre ressenti et des différentes phases menstruelles.

Apprenez à vous reconnecter à votre corps en ayant une meilleure connaissance de votre cycle. Pour cela, il existe des sites internet comme « Glow » ou « Period Tracker » qui vous permettront de suivre et de noter les observations au jour le jour, un bon moyen de maîtriser sa fécondité. Selon Marianne Durano, Professeur de philosophie, mère de deux enfants et auteur de Mon corps ne vous appartient pas paru aux éditions Albin Michel  «Il s'agit de reprendre conscience que le corps féminin est différent de celui de l'homme car il peut accueillir la vie. Cette possibilité de la maternité n'est pas anodine, et il est nécessaire de reconsidérer le corps féminin comme un «corps maternel», «lieu de jaillissement imprévisible de la vie».

 

Décoder les blocages

Dans votre propre histoire, essayez d'identifier ce qui pourrait vous empêcher de vous représenter être mère. Certaines croyances, certains événements du passé profondément ancrés dans l'inconscient peuvent constituer un obstacle en verrouillant la fertilité. 

Un psychologue peut alors aider à lever les blocages. L'hypnose peut être aussi un outil intéressant pour vous permettre de surmonter certains troubles de la fertilité d'origine psychologique ou de fertilité dite « inexpliquée », c'est-à-dire une fois que toutes les causes organiques ont été éliminées. C'est une ressource de choix pour limiter le stress qui peut avoir un impact sur les sécrétions hormonales et altérer le cycle ovarien.

 

Briser les tabous

« Devenir mère est l'accomplissement ultime de la féminité et reste un pilier identitaire, analyse Joëlle Desjardins-Simon, psychothérapeute. Par conséquent, une femme sera stigmatisée lorsqu’elle n’arrivera pas à procréer et elle le vivra comme une défaite. Quant à la femme qui ne veut pas d'enfant du tout, elle s'entendra répéter "Tu n’es pas assez mûre", "Cela viendra avec le temps"...».

D'après Maïté Tranzer, psychologue clinicienne, "Ces femmes assument pleinement leur choix d'avoir un enfant plus tard car elles sont d’abord dans une construction de soi avant d'accueillir un enfant dans leur vie. Souvent après avoir privilégié leur carrière professionnelle et leur liberté, elles vont faire ce « choix réfléchi » d'une grossesse, malgré tous les risques que cela peut engendrer (complications liées à l’âge.)" Dr Pierre Kouchner, gynécologue parisien, estime qu'il «n'y a pas à proprement parler d'âge idéal pour procréer, mais il faut savoir que les femmes naissent avec une réserve d'ovocytes (qui varie d'une femme à l'autre), qui ne fera que diminuer au cours de la vie."

 

Pour aller plus loin :
Lisez le compte rendu de notre talk sur la fertilité avec le Dr Claude Debache et le portrait de Charlotte Muller, yogi de la fertilité
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