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Marion Graux, céramiste

par Clémence Gruel | 2017-09-07 | Atelier Nubio |
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Marion travaille le grès et la porcelaine, nous aimons ses pièces à la fois simples et délicates. Elle nous a accueillis chez elle autour d’une tasse de thé…

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis Marion Graux, céramiste depuis 7 ans maintenant, et avant tout fabricante de vaisselle. Je fabrique la vaisselle dédiée aux trois repas de la journée. Ce qui m’intéresse, c’est comment mettre du beau, de l’élégance, du soin, dans ces trois moments essentiels de la journée que sont les repas. Moments essentiels, que l’on soit seul, dix à table, ou avec son amoureux. Même ma fille de deux ans mange dans de la vaisselle ! Bon évidemment si ça casse je peux la refaire… (rire)

Qu’est-ce-que cela représente au quotidien « être céramiste » ?

Être céramiste c’est une façon de vivre. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut faire à moitié, là, du bout des doigts sur un coin de table. Quand je suis chez moi à Paris, j’ai des fours qui sont en train de refroidir à l’atelier. Tout est hyper vivant, continu et pris dans une sorte de globalité. Ça me fait beaucoup de bien. L’idée que je ferai ça jusqu’à 90 ans me rassure et m’apaise. L’atelier est mon endroit, mon antre. Un lieu d’inspiration et de travail, dénué de toute angoisse.

Quel rapport entretiens-tu à ton matériau ?

Le rapport à la terre est complètement charnel, tout d’abord parce que le toucher est proche de la peau. Après, ce rapport change en fonction de l’outil qu’on utilise. Utiliser le tour par exemple, donne quelque chose de très sensuel, très attractif en général quand on veut s’essayer à la terre. Mais le tour c’est une danse à deux. Pour moi il faut respecter l’argile, je ne cherche jamais à le dominer, et ça se voit dans mes formes. J’aime laisser à la matière un droit d’exister, un peu comme quand on laisse un enfant devenir qui il est.

Comment travailles-tu ?

Ce qui me rassure c’est de mettre une intention dans les pièces que je crée. Même si celles-ci restent très simples : ce sont des bols, des assiettes, des gobelets… Je veux que mes pièces soient le fruit d’une quête personnelle et honnête. Et c’est très intéressant au moment des ventes car les pièces que je trouve réussies, ce sont les miennes, ça ne correspond pas forcément à celles que les gens vont aimer. J’aime aussi laisser une place à l’irrégularité, et donc à l’identité. Je fais en sorte que chaque pièce soit unique… tout en étant dans la contrainte de l’utilitaire. Car une pile d’assiettes doit pouvoir s’empiler…

J’ai commencé le yoga il y a un an, et j’y ai trouvé beaucoup d’éléments faisant écho à la céramique. L’alignement du corps, le fait que l’énergie vienne du ventre, l’idée d’être dans une puissance et pas une force… Chaque mouvement doit être plein, affirmé, confiant. Jamais de petites choses, de demi-mesures. C’est un vrai travail sur soi.

Travailles-tu seule ou en équipe ?

Ma principale équipe c’est Constantin, mon mari. On pourrait dire que je suis le souple, mouvant, et lui le cadre. Il y croit, il m’encourage tout le temps, il ne me lâche pas. Je n’ai pas le droit de glander avec lui. C’est lui qui s’occupe de mon compte Instagram, qui prend en photo mes pièces, qui m’aide à fixer les prix… Et c’est fou Instagram, tout le monde me contact par ce biais.

 

 

Quelques mots à présent sur… 

Ce qui est important pour toi :

Ne pas faire semblant.

Un réflexe quand tu es débordée ?

Être au tour, c’est un moment de méditation. Mais surtout, être avec mon mari et ma fille - et me coucher tôt.

Une recette que tu servirais dans ta céramique…

Je ferais en fonction de ce qu’il y a au marché et choisirais ma vaisselle en conséquence. Un velouté de roquette peut-être ? Sinon une eau de gingembre dans mes gobelets. Car le contact de la céramique est différent de celui du verre…

Des fleurs que tu mettrais dans un vase…

Je n’aime pas les fleurs mélangées, donc un mono-bouquet, d’une seule et unique fleur. 

Qu’est-ce-que le mot 'convivialité' t’évoque ?

Mon enfance, des dîners spontanés, du monde à table, l’amour de la cuisine, ma mère et mes quatre sœurs. La fête, simple et facile !

Assortiment céramique par Marion Graux 

Retrouvez le travail de Marion ici.

Instagram : @mariongrauxpoterie

Crédit photo : Mathieu Zazzo (portrait de Marion), Constantin (céramique vue aérienne)