SPSS, LE SYNDROME PRE-MENSTRUEL

par Claire Nouy | -0001-11-30 | Atelier Nubio

Douleurs abdominales, maux de tête, déprime, irritabilité, anxiété accrue, poussées d'acné, crises de larmes inexpliqués... Le syndrome prémenstruel, communément appelé SPM, affecte entre 50% et 80 % des femmes et regrouperaient des centaines de symptômes. On en parle aujourd’hui en toute sincérité, des solutions naturelles, ça vous intéresse ?

Vous n'êtes pas seule !

Le cortège de symptômes susceptibles d'annoncer l'arrivée des règles atteindrait près de neuf femmes sur dix à des degrés divers, souvent banalisé ou considéré avec fatalité. « 80% c’est le nombre de femmes réglées qui sont affectées par le syndrome prémenstruel » selon le docteur Francesco Bianchi-Demicheli, du département de gynécologie obstétrique des hôpitaux universitaires de Genève. « Environ 50% présenteraient des symptômes modérés, mais 35% des femmes auraient des symptômes perturbant leur vie sociale, professionnelle ou familiale ». « Lorsqu’une femme se libère de ses troubles, les changements sont spectaculaires. Elle revit.

Mais beaucoup ne font rien, comme si c’était normal.» ajoute Docteur Bianchi-Demicheli. « Ces symptômes étaient pourtant déjà connus dans l’antiquité puisque Hippocrate décrivait des idées suicidaires et d’autres symptômes autour de la période menstruelle de certaines femmes», rappele le Dr Florence Gressier, psychiatre à l’hôpital Bicêtre (APHP). Le syndrôme prémenstruel a été décrit pour la première fois en1931, et aucun traitement efficace n’a amélioré la condition des femmes depuis. « Les scientifiques ne comprennent pas ce qui cause le syndrome prémenstruel, ce qui signifie que la recherche sur ce sujet est mince, et qu’il y a moins de financements pour de nouvelles études», selon une note du site ResearchGate.

Heureusement, aujourd'hui des femmes en parlent, notamment Leslye Granaud qui souffre de SPM depuis l'âge de 16 ans et crée récemment un compte instagram réconfortant et déculpabilisant, «SPM ta mère » qui compte aujourd’hui 15,4K abonnés. « Depuis toute jeune je me demandais souvent pourquoi j'étais de si mauvaise humeur avant d'avoir mes règles. Mais ma mère m'a seulement dit que c'était comme ça. J'ai découvert le SPM sur internet par hasard, dans une vidéo ».  C’est à ce moment précis qu’elle s’est aperçue que derrière les pourcentages dévoilés par de nombreuses études scientifiques se trouvaient des femmes comme elle, vous et moi, qui souffraient parfois beaucoup au quotidien.

C'est quoi le syndrôme prémenstruel ?

 

 

« Le syndrome prémenstruel (SPM) est un ensemble de signes psychologiques et physiques qui surviennent entre 7 et 10 jours avant l’arrivée des règles, et qui disparaissent avec celles-ci », affirme Alain Tamborini, gynécologue attaché à l’hôpital européen Georges Pompidou à Paris. Les symptômes sont variables d'une femme à l'autre, mais ce qu'il y a de commun est d'affecter concrètement leur quotidien. Vous n’avez qu’une envie: vous réfugier sous la couette et ne plus en sortir quelques jours avant les règles?

Vous souffrez certainement de ce syndrome et son lot de troubles physiques et émotionnels. Pour certaines l'approche des règles est difficile à vivre, c'est le cas de Mathilde, 25 ans, réglée depuis 10 ans et sous pilule, qui souffre aussi, quelques jours avant l'arrivée de ses menstruations. "Plus mes règles approchent, plus je suis en vrac", affirme-t-elle."Je ressens pendant environ 3 jours que je suis beaucoup plus à fleur de peau. Je pleure beaucoup sans qu'il n'y ait de raison apparente. Louise, 38 ans, nous raconte la difficulté qu'elle vit presque une fois par mois : "Je ressens comme si je tombais en grosse dépression d'un coup, de manière assez brutale. Ça me submerge complètement, comme si je changeais de caractère, de manière de voir les choses." Amélie aurait aimé qu'on la prévienne : « le SPM, je croyais que c'était une légende. Ca m'a pris dix ans pour faire le lien entre mon cycle et mes changements d'humeur. »

Et les causes dans tout ça !

Pour Carole Maître, gynécologue et médecin à l'Institut national du sport, expertise et performance (Insep), les hormones seraient les principales responsables : « Le cycle s’accompagne de fluctuations hormonales. Juste avant les règles, le taux de progestérone baisse alors que celui des œstrogènes reste stable, on est alors en hyperœstrogénie et on subit davantage les effets des œstrogènes», explique-t-elle. Une cause, parmi tant d'autres. Etant donné que toutes les hormones sont interreliées entre elles, plusieurs peuvent être impliquées: la glande thyroïde peut fonctionner au ralenti ou bien le niveau de cortisol peut être trop élevé (hormone du stress). Le syndrome prémenstruel est une affection multifactorielle qui peut être influencée par des carences nutritionnelles, des facteurs de mode de vie et les fluctuations hormonales qui agissent sur les concentrations en neurotransmetteurs dans le cerveau (sérotonine, GABA, dopamine). 

Selon le Dr Bérangère Arnal, spécialiste de la santé naturelle féminine et auteur du livre « syndrôme prémenstruel, les solutions naturelles», «le déficit en magnésium semble commun à presque toutes les formes de SPM. Le magnesium pour son action directe sur les neuromédiateurs et sur le métabolisme des acides gras, peut effectivement constituer le premier axe sur lequel agir ». Une étude étalée sur une décennie, parue dans la revue American Journal of Epidemiology, montre que les femmes qui consomment de nombreux végétaux riches en fer réduisent d'un tiers leur risque de souffrir de troubles précédant leurs règles (douleurs, migraines, stress...), que celles qui consomment moins de fer. Ce serait le fer provenant des végétaux et des compléments alimentaires qui protègent les femmes du SPM, et non celui issu du règne animal (viande rouge et volaille). (A noter que avant de se supplémenter en fer, il est recommandé de faire un dosage sanguin).

De nouvelles études propose une autre hypothèse: récemment les recherches scientifiques ont observées une inflammation importante chez de nombreuses femmes pendant cette période, avec une augmentation de la protéine C réactive (protéine de l'inflammation) qui aident à maintenir l'équilibre hormonal, à réguler les neurotransmetteurs et à contrôler les prostaglandines pro-inflammatoires qui entrent en jeu dans la physiologie du syndrome prémenstruel. La revue scientifique Journal of Women’s Health vient confirmer cette découverte en publiant, en mai 2016, une étude réalisée sur plus de 3.300 femmes par plusieurs chercheurs de l’Université Davis de Californie. D’après leurs recherches, le syndrome prémenstruel s’accompagne d’une inflammation de l’organisme, elle-même liée à un type de protéine en particulier: la protéine C-réactive (CRP). 

Les 3 règles à suivre pour le prévenir et l'atténuer !

  1. Mangez sainement !

On limite les aliments déclencheurs: les graisses saturées, les sucres raffinées et les produits laitiers et on prèfère des aliments frais, de saison et biologique.

On préfére une une alimentation riche en oméga 3: petits poissons gras (anchois, hareng, sardines), noix, lin, mâche, pourpier et huile de première pression à froid (lin, cameline, chanvre...) pour leur action anti-inflammatoire.

On fait le plein de  vitamines et minéraux : B2 (soja, œufs, céréales, noisettes…), B3 (poissons, gras, légumineuses, fruits secs…), B6 (poissons gras, banane, riz complet, lentilles…) et D (poissons gras, jaune d’œuf…) mais aussi en calcium (produits de la mer, choux, amandes, graines de sésame, noix …) et magnésium (céréales complètes et semi-complètes, légumineuses (haricots, pois) ), les oléagineux (amandes, noix, noisettes, noix de cajou, noix du brésil), l'huile de colza, les poissons gras, les crustacès.

Les proteines animales ou végétales : Elles sont à apporter tous les jours car elles permettent de fabriquer les hormones, les enzymes et les neurotransmetteurs.

Des fruits et légumes à volonté pour faire le plein de fibres et d'enzymes. 

  1. Bougez !

Si vous faites régulièrement de l’exercice physique, vous allez atténuer les douleurs du SPM, tout en favorisant la détente et la réduction du stress. Évidemment, il peut être difficile de bouger si on ne se sent pas bien…De simples activités telles que la marche, le yoga doux ou la natation suffisent, pour se détendre. Si vous avez des douleurs prononcées , il est recommandé de faire des activités physiques plus modérées (marche et non jogging) et de bien faire ses étirements après l’exercice.

  1. Relaxez vous !

Plus vous serez détendue, mieux vous arriverez à maîtriser les manifestations désagréables qui vous assaillent. Essayez de porter attention à la façon de vivre votre vie et apprenez à distinguer ce qui est extérieur à vous de ce que vous pouvez contrôler et changer. Plusieurs options s'offrent à vous : techniques de respiration, méditation, sophrologie, yoga, massage,  etc....

Dans ce syndrome, beaucoup de choses tournent autour du psychisme, observe le Dr Juliane Berdah, gynécologue endocrinologie. « Les femmes qui ont un tempérament très tendu voient leurs symptômes se majorer avant les règles. D'ailleurs, les femmes qui ont une bonne connaissance de soi ont, en général moins de problèmes. Elles ne se laissent pas envahir par ces soucis.» L’histoire émotionnelle et hormonale de chacune, le vécu du quotidien, la capacité à gérer son stress joue un rôle important dans la façon d’appréhender cette période, qui prècède l’arrivée des règles.